CHRONIQUE LITTERAIRE par Pascal Bouteldja


Cercle Richard Wagner - LYON > Chronique Littéraire >


Marie Kalergis-Mouchanoff, née Nesselrode. Itinéraires et correspondance de la Fée blanche. Textes choisis et commentés

Auteur : Luc-Henri Roger (éditeur)
Parution : 14 janvier 2020
Editeur : Books on demand
Nombre de pages : 612 p
ISBN-10 : 2322131318
ISBN-13 : 978-2322131310
Format : 22 x 4,1 x 15,5 cm
Catégorie : Anthologie, Encyclopédie, Dictionnaire
Ce recueil est une réédition de deux ouvrages, depuis longtemps disparus des rayonnages des libraires anciens les plus spécialisés, permettant de faire revivre la mémoire de celle qui fut l’une des grandes mécènes de Richard Wagner.

Allemande de naissance, polonaise par sa mère, mais ayant grandi en Russie, cette comtesse de Nesselrode (1822-1874) épousa en premières noces un grec du nom de Kalergis. Avec lui, elle fit son entrée dans l’aristocratie européenne et parisienne, en particulier. Amie de Liszt, Berlioz, Delacroix, elle épousa en 1863, un aristocrate russe, le comte Sergei von Muchanoff qui fut, directeur de 1868 à 1880 du Théâtre Impérial de Varsovie. Elle aida financièrement Wagner en 1860 à la suite des déficits de ses concerts parisiens et fut longtemps l’une de ses riches protectrices. Grande mondaine, amie de nombreux souverains, elle parcourut l'Europe de Saint Pétersbourg à Paris, en passant par l’Italie, en se dévouant généreusement à la cause de la musique et aux musiciens (Liszt, Tausig). Elle se lia d’amitié avec Cosima et fut une habituée de Tribschen. C’est à elle que Wagner dédicacera, début mars 1869, la réédition du Judaïsme dans la musique. Cette dédicace considérée comme une courte préface, sera suivie d’un long post-scriptum, tentative d’explication et de justification du trop fameux opuscule de 1850, intitulé Eclaircissements sur le judaïsme dans la musique.


Ce recueil comprend l’intégralité de la correspondance écrite en français entre Marie Kalergis et sa fille, de 1853 à 1874. Compilés par La Mara, nom de plume de Marie Lipsius (1837-1927), amie de Franz Liszt et de la famille Wagner et éditeur d’une grande partie de la correspondance de Liszt, ces échanges épistolaires furent publiés en 1907 par Breitköpf & Härtel. Quelques notes et un « index des patronymes » complètent utilement ces 246 lettres. Luc Roger les fait précéder avec justesse de la grande biographie (pp. 23-176) de Constantin Photiadès (1883-1849), écrite à partir des précises archives familiales, intitulée « La Fée blanche, la symphonie en blanc majeur ». Publiée en 1923, elle fut récompensée par un prix de l’Académie française. L’éditeur y associe également un article (La vie littéraire du 12 février1924) d’Henri de Régnier présentant la biographie de son ami Photiadès ainsi que 43 lettres de Franz Liszt à la comtesse et à divers correspondants dans lesquelles le musicien évoque sa grande amie (pp. 499-543). Un chapitre « Marie Kalergis-Muchanoff dans la poésie, au théâtre, au cinéma – Œuvres musicales dédiées » (pp. 545-571) y présente une série de poèmes (Gauthier,Heine…) ainsi que les œuvres musicales qui lui furent dédiées (Liszt, Johann Strauss fils, Bülow). Enfin, un ultime chapitre « Mémoires et souvenirs » (pp.573-597) livrant quelques extraits de souvenirs de contemporains (Horace de Viel Castel, Pauline Viardot, Judith Gautier, Pauline de Metternich…) concluent utilement cet opus agrémenté de 10 reproductions en noir et blanc.


Un livre essentiel pour découvrir des détails inédits sur l'art et l'intimité de Franz Liszt et Richard Wagner mais aussi pour aussi traverser un quart de siècle avec une figure exceptionnelle de l’histoire culturelle européenne du XIXème siècle.

ajouter un commentaire

Pour ajouter un commentaire, vous devez vous connecter à l'espace membre.



PRESENTATION






MANIFESTATIONS







DOCUMENTATIONS











DIVERS










Wagneriana acta


Espace membre