EVENEMENT 2017

TRISTAN ET ISOLDE - ELEKTRA

Prélude aux représentations de mars 2017 à l’Opéra de Lyon

Œuvre majeure et absolument unique dans la production wagnérienne, Tristan et Isolde, qui fut créé à Munich le 10 juin 1865, se pose comme une œuvre-clé et une pièce essentielle dans le puzzle de l’Histoire de la musique. Sans Tristan, il n’y aurait eu ni Strauss, ni Mahler, ni Schönberg, tant l’œuvre bouleverse les codes de la musique, et ce dès le prélude en imposant un tout premier accord plein de mystère et d’ambiguïté. Pour anticiper sur les représentations qui seront proposées en mars prochain à l’opéra de Lyon, voici quelques textes extraits de la grande bibliothèque en ligne du Cerce Richard Wagner – Lyon, issus en particulier de notre revue Wagneriana Acta.



Revenons d’abord sur les sources littéraires du chef d’œuvre wagnérien

« Tristan et Yseut : de la légende celtique au drame de Richard Wagner », par Jean Mathieu

Peu de wagnérien connaissent l’esquisse en prose du poème datée du 20 août 1857. Celle-ci fut restée longtemps inédite jusqu’à sa traduction par Jean Matter et sa publication en 1977 dans son ouvrage Tristan et Isolde. Texte allemand avec traduction française en regard, introduction et commentaires par Jean Matter (Lausanne, Edition l’âge d’homme, 1977, pp. 271-284 [d’un vol. de 291 pages]. Jean Matter (1915- ?) fut un wagnérien impénitent, acceptant et même revendiquant une « critique subjective » de Wagner, qui a laissé de trois ouvrages de référence sur Wagner, dont Wagner l’enchanteur (1968) et de nombreux articles, en particulier dans l’Avant-scène Opéra.

Tristan et Isolde. Esquisse en prose par Richard Wagner (1857)

Voici ensuite le récit de l’histoire de la création de l’œuvre, depuis les premiers projets avortés à la création en 1865.

« Les avatars de la création théâtrale de Tristan et Isolde »

Jacques Barioz évoque aussi cette « première » à Munich à travers le regard que portèrent les rares français présents à cet évènement.

« Trois français à la première de Tristan à Munich »

Les représentations de Tristan et Isolde (2011) à l'Opéra de Lyon ont été l'occasion pour notre association de proposer au public plusieurs mini-conférences, écrites par ses propres membres. En voici les textes qui permettront d’approfondir certains aspects essentiels de l’œuvre.

Et bien sûr, il ne saurait être question d’évoquer une telle œuvre sans en écouter un peu de musique. Mais nous avons fait le choix de vous faire découvrir une pièce très rarement jouée : Le final du prélude du premier acte arrangé par Wagner lui-même (1860).

A l’époque des concerts parisiens, Wagner n’avait pas choisi d’exécuter le prélude suivi de la mort d’Isolde (comme de nos jours dans les programmations de concert) mais l’introduction seule avec une « fin spécifique », qu’il acheva le 8 décembre 1859. Il en fit une très belle réduction qu’il offrit à Mathilde Wesendonck pour son anniversaire Voici ce qu’il lui écrivit : « Vous savez que Hans voulait exécuter le prélude de Tristan, l’autre hiver, et qu’il me pria d’écrire pour ce prélude une conclusion. A cette époque, je n’aurais rien trouvé ; cela me semblait totalement impossible que j’opposai un refus des plus nets. Depuis, j’ai écrit le troisième acte et trouvé la conclusion finale de toute l’œuvre : montrer ce final comme un vague espoir de rédemption, l’idée m’en est venue, maintenant, en formant le programme d’un concert à Paris qui m‘intéressait surtout parce que je voulais y inscrire le prélude de Tristan. J’ai particulièrement réussi à réaliser la conception de ce final mystérieux et apaisant, comme la meilleure chose que je puisse vous donner pour votre anniversaire. » Cette version, que nous allons écouter, anticipe l’accouplement du prélude et de la mort d’Isolde en se servant de motifs du troisième acte. Cette version permet surtout de donner une fin adéquate à un morceau qui n’en avait pas et de proposer une résolution à la tension harmonique délibérément présente dès l’accord ambigu dit « Accord de Tristan », Puisque la résolution a lieu pendant la Liebestod d’Isolde, (soit 4h après ce prélude…), le meilleur stratagème pour Wagner, afin de ne pas trop heurter ses auditeurs aurait été de jouer le prélude et la mort d’Isolde sans interruption, ce qu’il n’a pas fait. Il a préféré composer une fin spécifique. De plus, pour Wagner, cette conception de la conclusion du prélude était passablement hésitante. Wagner évoque dans sa lettre à Mathilde, « un vague espoir de rédemption » : ce n’est pas exactement une transfiguration… C’est ainsi que, le 10 mars 1863, lors d’un concert à Saint-Pétersbourg, ainsi qu’à vienne le 27 décembre 1863, il renonça à diriger cette version parisienne pour adopter le couplage que nous connaissons, à savoir « Prélude et mort d’Isolde ». Aussi bizarre que cela puisse paraître, cette pièce est très rarement exécutée et que vous pouvez écouter ce final dans sa réduction pour piano, telle que Wagner l’avait adressé à Mathilde.

« Un prélude inédit à Tristan et Isolde »

L’Opéra national de Lyon proposant au cours de son festival Tristan et Isolde mais aussi Elektrai>, il serait injuste de mépriser l’autre grand Richard de l’histoire de la musique… mais toujours en restant du point de vue wagnérien…

Richard Strauss tint dans sa jeunesse, sous l’influence de son père, des « jugements désinvoltes et impudents » sur Wagner. Mais, rapidement, il devint un wagnérien fervent et militant, assistant à Bayreuth à la générale de la première de Parsifal en 1882, puis en y revenant en 1888. Après avoir rencontré Cosima, grâce à la recommandation de Hans von Bülow à Julius Kniese, conseiller musical de la directrice du festival, il fut invité en 1889 et en 1891 comme assistant musical (solorepetitor) pour la scène à Bayreuth, puis au pupitre de « l’abîme mystique » pour diriger Tannhäuser en 1894. Ses premiers opéras, Guntram (dont il écrivit le livret), Salomé et Elektra se ressentent beaucoup de l’influence wagnérienne. Quand il se convertira par la suite à un certain classicisme, il conservera toujours son admiration sans limite pour Wagner (il plaçait Tristan et Parsifal au-dessus de tout) ; mais pas pour le « cercle de Bayreuth » dont, dès 1896, il supportait mal la flagornerie ambiante. Il fit néanmoins front commun avec Cosima dans son combat pour garder l’exclusivité de Parsifal pour le Festspielhaus, inquiet de voir « livrer à la dissémination d’un tel ouvrage sur les plus petites scènes de province, où il sera écouté le dimanche après-midi par les bourgeois allemands, entre le repas de midi et la chope du soir ». Il revint à Bayreuth en 1933 remplacer Toscanini (qui refusait désormais de se produire en Allemagne depuis la prise de pouvoir d’Hitler) pour diriger Parsifal et à nouveau pour quelques représentations en 1934. Il ne revint jamais plus à Bayreuth par la suite.

Richard Strauss avait demandé à Willi Schuh, grand musicologue suisse (1900-1985), d’être son biographe et lui avait donné carte blanche pour la publication de divers textes et propos. Ces documents furent publiés en 1949, peu après sa mort, sous le titre Betrachtungen und Erinnerungen. Ils furent traduits en français par Pierre Meylan et Jean Schneider, et publiés en 1951 aux éditions du Cervin sous le titre Anecdotes et Souvenirs. Souvent drôles et fourmillants d’anecdotes, ces savoureux souvenirs livre une image véritable de l’homme que fut Richard Strauss. Le lecteur y trouvera de très nombreuses évocations du maître de Bayreuth. Le compositeur du Chevalier à la rose a laissé de nombreux textes d’un intérêt historique, théorique ou analytique variable, qui ont été publiés dans un recueil : Richard Strauss. Dokumente, Aufsätze, Aufzeichnungen, Vorworte, Reden, Briefe. (Leipzig, 1980) ; l’ouvrage n’est malheureusement pas traduit en français.


Voici pour nos lecteurs deux textes disponibles en français

Impressions de Richard Strauss sur la première mise en scène de Tannhäuser à Bayreuth 1891.
(Extrait de Bayreuther Festspiele Programm, Tannhäuser, 1964, pp. 60-68)

Après la direction de Parsifal, été 1893.
(Extrait de Bayreuther Festspiele Programm, Parsifal, 1976, p. 66)





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