Evenement 2019

« L’OR DU RHÔNE » - Journées spéciales Wagner


« En Allemagne, Wagner n'est qu'un malentendu
Paris est le vrai terrain qui lui convient » (Nietzsche)

Pourqui pas Lyon ?



Le Cercle Richard Wagner – Lyon a souhaité renouer avec le passé wagnérien glorieux de la ville, appelée jadis « La Bayreuth française » en organisant des « Journées spéciales Wagner : L’Or du Rhône » qui se tiendront à Lyon du vendredi 5 au dimanche 7 avril 2019, permettant ainsi aux wagnériens lyonnais mais aussi aux membres des Cercles Richard Wagner de Paris, Marseille, Bordeaux et Nice, qui seront présents, de se retrouver autour du jeune Richard Wagner et l'honorer comme il se doit dans la qualité mais aussi la convivialité.

Ces journées permettront de collaborer avec le Conservatoire à rayonnement régional de Lyon. En effet, un orchestre symphonique réunissant les musiciens des Conservatoires de Lyon et de Clermont-Ferrand, sous la direction de ses deux directeurs Alain Jacquon (CRR de Lyon) et de Patrice Couineau (CRR de Clermont-Ferrand) fera entendre au public le samedi 6 avril à la Bourse du travail (17h00) une « première » musicale wagnérienne française, deux œuvres inédites en France de Richard Wagner : les esquisses arrangées et orchestrées de L’Heureuse famille des Ours (Männerlist grösser als frauenlist oder Die glückliche Bärenfamilie), opéra-comique inachevé datant de 1837 et l’Ouverture en mi mineur pour la tragédie historique d’Ernest Raupach, Le Roi Enzio ( 1831). Le reste du programme sera constitué de l’ouverture « Les Hébrides ou la Grotte de Fingal » de Mendelssohn : Les Hébrides ou la Grotte de Fingal et du Triple concerto en Ut majeur pour piano, violon et violoncelle de Beethoven.

De plus, un récital consacré aux « Airs et duos wagnériens » par deux chanteurs formés au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon et tous deux familiers du répertoire wagnérien aura lieu le dimanche 7 avril à 15h00 au Conservatoire régional. Cécile de Boever, qui interpréta Brünnhilde dans le Ring Saga en 2011 et le baryton Pierre-Yves Pruvot, Klingsor prévu en 2020 au Capitole de Toulouse, seront accompagnés au piano par Nobuyoshi Shima..

Enfin, deux conférences compléteront ce programme musical :
« L’Heureuse famille des ours : l’esprit de l’opéra-comique chez le jeune Richard Wagner ». Conférence musicale au piano par Cyril Plante avec interprétation des esquisses musicales de ce singspiel (vendredi 5 avril à 18h00 au Conservatoire)
« Le wagnérisme, une invention française ? par Georges Liébert (samedi 6 avril à 10h00 à l’hôtel Sofitel Lyon-Bellecour)

CREATION FRANCAISE DE DEUX OEUVRES DE JEUNESSE
DE RICHARD WAGNER

Si le but des Cercles Wagner est d’étudier et d'approfondir l'œuvre artistique de Richard Wagner, il est aussi de la promouvoir ; mais c’est une première française qu’une association Wagner puisse être, à notre époque, à l’origine de la création française d’une partition inconnue de Richard Wagner.


König Enzio – Ouverture en mi mineur
(WWV 24)

Aucun autre compositeur n’a bénéficié d’aussi peu d’enseignement théorique et ne s’est affirmé aussi tard que Wagner (1813-1883). C’est à l’automne 1831 que le jeune Richard se met à étudier sérieusement la composition auprès du Cantor de l’église Saint-Thomas de Leipzig, Christian Theodor Weinlig (1780-1842). En une demi-année, il compose des sonates pour piano et deux ouvertures de concert qui sont jouées au Théâtre de Cour et au Gewandhaus. Mais une remarque de sa mère à propos de l’ouverture d’Egmont, lui déclarant que « ce genre de musique est autrement émouvante qu’une fugue idiote », le décide à composer son « troisième opus » dans laquelle l’élément beethovénien doit reprendre ses droits. Cela sera l’ouverture pour le Roi Enzio, une tragédie historique en cinq actes du dramaturge, Ernest Raupach (1784-1852), considéré à l’époque comme le digne successeur de Schiller. Par l’entremise de sa sœur ainée, il obtient qu’on la joue avant la représentation de la pièce, dans laquelle elle tient le rôle féminin principal. Sous la direction du Kapellmeister, Heinrich Dorn (1804-1892), cette ouverture est exécutée le 17 février puis le 16 mars 1832 au théâtre de la Cour. L’œuvre doit beaucoup au déchiffrage des ouvertures de Fidelio et de Coriolan, et possède une fluidité et une maîtrise des idées musicales rarement égalées dans les premières œuvres de Wagner. Ce dernier compose aussi pour cette pièce une musique de scène qui a disparu. Cette ouverture va tomber rapidement dans l’oubli tout comme le drame de leur auteur… Elle ne sera publiée qu’en 1907 soit 24 ans après la mort de Wagner et ne sera enregistrée au disque qu’en octobre 2000. Il s’agit de sa première audition française.


Les hommes sont plus rusés que les femmes ou L’Heureuse famille des ours (WWV 48)
Esquisses musicales arrangées et orchestrées par James Francis Brown.

C’est au printemps 1838, alors qu’il occupe les fonctions de directeur musical du petit théâtre de Riga, que vient à Wagner l’idée de mettre en chantier un opéra-comique, Männerlist grösser als frauenlist oder Die glückliche Bärenfamilie, dont il emprunte le sujet à un conte des Mille et une nuits ; le directeur du théâtre lui ayant demandé d’écrire une comédie légère inspiré au style italiano-français dont est friand le public de la ville. Fondé sur « L’histoire du deuxième fou », l’œuvre est conçue en forme de singspiel en deux actes où dialogues parlés alternent avec des scènes chantées. Comme toujours, Wagner remanie le sujet original, modernisant l’action qu’il situe à l’époque contemporaine dans une grande ville allemande (fait unique de la création wagnérienne) et inventant surtout un dénouement original qui conférera à l’œuvre son titre. Wagner en écrit le livret en juin 1838 puis débute aussitôt la composition en achevant deux numéros, avant de cesser brusquement tout travail, découvrant qu’il compose « de la musique à la Auber ». Mais Wagner est surtout dégoûté de toute cette vie provinciale et de la mesquinerie des petits théâtres allemands. Il veut triompher à Paris. C’est ainsi qu’il se met aussitôt l’écriture de son grand opéra historique, Rienzi. Il offre le livret à un ami violoniste de Riga et n’en souciera plus jusqu’au travaux préparatoires pour l’édition de ses œuvres complètes en 1873. Le livret sera édité dans les tomes XI et XII de l’édition complète posthume de ses œuvres (1911). Inédit en français jusqu’en 1989, il a été traduit par Philippe Godefroid et publié dans son ouvrage « Les Opéras imaginaires de Richard Wagner ». ll faut attendre l’été 1994 pour que l’on redécouvre dans une collection privée le manuscrit des esquisses musicales de la partition que l’on croyait disparue. Quelle aurait pu en être la musique achevée ? La réponse est donnée en partie ce soir avec la création française de ces esquisses arrangées et orchestrées par le compositeur anglais, James Francis Brown. Elles ont été jouées une seule et unique fois le 13 octobre 2007 au Linbury Studio du Royal Opera House par le Southbank Sinfonia sous la direction de Stephen Barlow. Cette partition s’inspire surtout de Rossini ; certains motifs rappelant directement le Barbier de Séville. En revanche l’épilogue orchestral du numéro 3 est particulièrement remarquable : avec ses trente mesures il agit comme un résumé en faisant réentendre encore une fois tous les motifs apparus précédemment, un peu à la manière qu’utilisera Wagner plus tard. Ses ébauches démontrent bien la capacité d’assimilation de son auteur à un style étranger dont Rienzi sera plus tard le meilleur exemple. L’art wagnérien tel qu’on le connaît ne s’est fait que par cette assimilation et l’Heureuse famille des ours est une étape importante du chemin qui mène Wagner de ses débuts jusqu’à l’ambitieuse réforme de l’opéra des année 1850.





RECITAL "AIRS ET DUOS WAGNERIENS"


La soprano Cécile De Boever et le baryton Pierre Yves Pruvot, formés au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon et tous deux familiers du répertoire wagnérien, nous proposeront un récital consacré aux « airs et duos wagnériens », accompagné du pianiste, Nobuyoshi Shima.

Cécile De Boever
Après un diplôme du CNSM de Lyon et de la Musikhochschule de Vienne, Cécile De Boever s’est perfectionnée auprès de Sena Jurinac, Walter Berry, Mirella Freni et Nadine Denize.
Elle a été invitée depuis 1995 à se produire sur de nombreuses scènes européennes comme la Deutsche Oper de Berlin, le Théatre du Capitole, à l’Opéra de Montpellier, le Liceu ou les opéras de Dresde et de Leipzig, ainsi qu’au Festival d’Aix-en-Provence et de Salzburg, où elle chanta sous la direction de nombreux chefs fameux et travailla avec des metteurs en scène tels qu’Olivier Py ou David Mc Vicar. Elle interprète son tout premier Wagner (Wellgunde de L’Or du Rhin) à l’Opéra de Strasbourg en 2007. En 2011, elle interprète avec un triomphe de la critique et du public le rôle de Brünnhilde dans une version de chambre de la Tétralogie de l’Anneau du Nibelung (Ring Saga) sous la direction de Peter Rundel (tournée au Portugal et en France).
Passionnée de théâtre, elle aime passer de Mozart au répertoire du XXème siècle en passant par le Bel Canto (Puccini, Leoncavallo, Verdi…). Elle interprète également de nombreux oratorios tout en affectionnant aussi tout particulièrement le récital où elle cherche toujours à sortir des sentiers battus. Parallèlement à sa carrière, Cécile De Boever est une pédagogue de renom, professeur de Julien Behr et est très régulièrement invitée pour des Master Class. Elle a créé en septembre 2013 à LYON le « Pôle Lyrique d’Excellence », Centre de formation pour jeunes chanteurs lyriques en voie de professionnalisation.

Pierre-Yves Pruvot
Lauréat des concours internationaux de ’s-Hertogenbosch (1998), Paris (1999) et Reine Élisabeth (2000), Pierre-Yves Pruvot incarne à la scène les grands rôles de baryton verdien (Rigoletto, Falstaff, Jago, Renato, Nabucco, Giorgio Germont) et puccinien (Scarpia, Gianni Schicchi). Au cours des prochaines saisons, il abordera Wagner (Gunther dans Götterdämmerung et Klingsor dans Parsifal). Ses qualités vocales et dramatiques en font également un interprète recherché pour des répertoires plus rares à travers le monde : Vasco de Gama de Meyerbeer, Amadis de Gaule de Johan Christian Bach, La Mort d'Abel de Rodolphe Kreutzer, Céphale et Procris d'André-Ernest-Modeste Grétry, Mathilde de Guise de Johann Nepomuk Hummel, Falstaff d'Antonio Salieri, Lodoïska de Luigi Cherubini, Rodrigue et Chimène de Claude Debussy, Bolivar de Darius Milhaud ou Iris de Pietro Mascagni. Il a d'ailleurs enregistré plusieurs de ces ouvrages au sein d'une discographie comprenant plus d'une quarantaine de titres.
Pierre-Yves Pruvot est le fondateur des éditions Symetrie (Lyon). .


Nobuyoshi Shima, piano
Né à Hokkaïdo du Japon, il a commencé l’étude du piano à l’âge de quatre ans. Il a principalement étudié la composition à l’Université nationale des Beaux-Arts et de la Musique de Tokyo. Il se perfectionne au piano dans la classe d’accompagnement au CNSMD de Lyon et obtient son diplôme national d’études supérieures musicales d’accompagnement en 2007. Actuellement, Nobuyoshi Shima est compositeur ; accompagnateur de la classe de chant au CNSMD de Lyon, directeur musical et chef de chant au Pôle Lyrique d’Excellence de Cécile de Boever, chef de chant au Centre de la Voix Rhône-Alpes. Il avait été l’invité du Cercle Richard Wagner – Lyon en avril 2017 pour un récital à l’Amphithéâtre de l’Opéra de Lyon et en févier 2019 pour un concert-lecture "Wagner et Berlioz : le chox des Titans".



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