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EVENEMENT 2019

Prochaine manifestation

Mardi 18 février à 18h00

Conférence de Dorian Astor


Goethe-Institut de Lyon

18 rue François Dauphin 69002 Lyon

    Wagner et Feuerbach : « sa plus haute quête ? »

    • Poursuivant la série « Wagner et les philosophes » (Schopenhauer, Nietzsche en 2018), Dorian Astor évoquera l’influence sur Wagner du philosophe allemand Ludwig Feuerbach (1804-1872), hégélien de gauche et penseur de l’émancipation.

      Que nous a appris Feuerbach? Que l’essence de l’homme est religieuse, mais en tant que la religion exprime ses désirs les plus profonds, ses besoins les plus vitaux, sa loi fondamentale : l’amour. C’est l’homme qui est un dieu mais, aliéné, il ne le sait pas lui-même. On comprend que la philosophie feuerbachienne, dans les années 1840, ait été aussitôt ressaisie par les ferments révolutionnaires d’une Allemagne asphyxiée par la réaction. En 1849, dans la tourmente de la révolution dresdoise, Wagner lit passionnément cette œuvre où il reconnaît « l’homme artiste » tel qu’il le concevait. L’influence du philosophe sur le musicien est d’une importance majeure, tout particulièrement pour la genèse de la Tétralogie.
      Nietzsche a-t-il eu raison de penser que, si Schopenhauer avait représenté le naufrage de Wagner, son idéal révolutionnaire inspiré de Feuerbach avait été « sa plus haute quête » ?


    • Dorian Astor est agrégé d’allemand, philosophe et musicologue. Spécialiste de Nietzsche, il a co-édité le deuxième volume des Oeuvres complètes du philosophe dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade (2018). Il a aussi publié une biographie du philosophe (Gallimard, 2011), des essais : Nietzsche. La détresse du présent (Gallimard, 2014), Deviens ce que tu es (Autrement, 2016), et a dirigé l’édition d’un Dictionnaire Nietzsche (Laffont, 2017). Il est également l’éditeur et retraducteur de Ma Vie de Wagner (Perrin, 2012) et l’auteur, avec Hermann Grampp, d’un Comprendre Wagner (Max Milo, 2013). Il a collaboré comme dramaturge, rédacteur et conférencier avec de nombreuses institutions musicales ; Aujourd’hui, Dorian Astor poursuit ses recherches en philosophie dans le cadre d’un contrat doctoral avec l’École Polytechnique et enseigne à l’Université de Strasbourg. C’est sa troisième intervention au Cercle Richard Wagner – Lyon. .

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Richard Wagner et la ville de Lyon

Par deux fois, en 1850 et en 1866, Richard Wagner s’est arrêté brièvement à Lyon.
En 1850, du 12 au 19 mai, il entreprit un voyage aller-et-retour entre la Suisse et Bordeaux qui devait marquer la fin de sa liaison aventureuse avec Jessie Laussot. Très pressé et trop excité à l’aller, il attendit le retour pour prendre le temps de visiter Lyon, en s’efforçant d’évoquer les scènes du siège et de la prise de la ville pendant la Convention. Quelques mois auparavant, Wagner avait lu le récit de ces événements dans L’Histoire des Girondins de Lamartine.
Seize ans plus tard, ce n’était plus la diligence mais le chemin de fer qui conduisit Wagner de Genève à Marseille. C‘est ainsi qu‘il fit halte à Lyon au soir du 22 janvier 1866. Dans le “Livre brun” où il notait ses confidences pour Cosima, il écrivit quelques lignes ce soir-là. Il était de mauvaise humeur ; Lyon lui parut une ville immense et sans âme et il s’en consola en contemplant le ciel étoilé. Au moins, cela nous indique qu‘il avait eu la chance de ne pas trouver le brouillard.
0n voit donc que les passages de Wagner entre Rhône et Saône sont des épisodes très courts et sans grande importance. Cependant, ce serait une grave erreur de penser que Lyon n’a joué aucun rôle dans la vie de Wagner. Je prétends même que notre ville a eu une influence non négligeable sur l’activité artistique du Maître. Il s’agit certes d’une influence indirecte et mon argumentation risquerait de paraître artificielle, s‘il ne s’agissait précisément de soie naturelle. En effet, sans Lyon pas de soieries, sans soieries pas de robe de chambre et sans robe de chambre pas de Wagner. C.Q.F.D.
Bien sûr, ce raisonnement ne tient qu’à un fil mais il fallait quand même y penser, cela va de soie !

Henri Perrier



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